LE SUD DU MAROC ET SES MILLE ET UNE NUANCES D’OCRE

Les provinces d’Errachidia et de Tinghir dévoilent leurs vallées et leurs kasbahs jusqu’au pied du Haut Atlas. Entre dunes et gorges, sous un soleil hivernal…

Débarquer à Errachidia en plein hiver, c’est la promesse d’une lumino­­thé­rapie naturelle dans des paysages désertiques dont la couleur éblouit les rétines. Selon l’heure et le décor, les tons rouges, bruns et jaunes se déclinent en continu sous le regard captivé des visiteurs, le front collé aux vitres des voitures.

Car parcourir les vastes étendues du Sud-Est marocain nécessite un véhicule. « Le plus simple est de louer une voiture de transport avec chauffeur (VTC) », conseille Amine, de l’office de tourisme du Maroc. Dans une région qui souffre de la sécheresse, le tourisme est une alternative à l’agriculture et de nombreux chauffeurs et/ou guides proposent leurs services pour faire découvrir des lieux emblématiques qui, bien qu’un tantinet « clichés » sur le papier, dépaysent littéralement. En témoigne ce soleil couchant à dos de dromadaire au milieu des dunes orange doré du désert Chebbi à Merzouga… Inoubliable.

Entre désert rocailleux et dunes de sable

La suite est du même acabit sur la route qui, depuis Erfoud, se dirige vers les montagnes du Haut Atlas. « C’est le début de la route des 1 000 Kasbahs qu’empruntaient les caravanes », précise le guide, Abdesadek.

Le désert rocailleux (reg) aux reflets jaunes a remplacé celui de sable (erg). Son immensité s’étend à perte de vue mais sa platitude est régulièrement rompue par des villages. « Chacun possède une école primaire, une mosquée et un centre médical », indique le chauffeur, Mohcine, tout en ralentissant à un contrôle de police. Plus loin, des « taupi­nières » géantes alignées attirent le regard. « Ce sont les puits d’une ancienne khettara, un système d’irrigation souterrain qui amenait l’eau de la montagne vers le désert », explique Abdesadek.

Plus la montagne se rapproche et plus le paysage prend du relief. La route quitte la province d’Errachidia pour celle de Tinghir. Dans la vallée du Toudra, une oasis apporte une touche de vert aux mille et une nuances d’ocre que revêtent aussi les habitations en pisé, les kasbahs en ruines et la montagne. À quelques kilomètres, les gorges de l’oued se dressent, vertigineuses. À leur pied, deux escaladeurs, des chèvres et des nomades autour d’un feu, profitant du peu d’eau pour laver du linge. « Ils vivent dans la montagne l’été et dans la vallée l’hiver », commente Abdesadek.

D’une rivière à l’autre, une route sinueuse traverse des paysages curieux que dessine une roche tortueuse rougie par le soleil couchant.

« On les appelle des doigts de

singe »,

indique le chauffeur, Younès avant de gravir des lacets vers un point de vue surplombant les gorges du Dadès qui subjuguent, tout comme sa vallée qui porte un nom de fleur. À Kelaat M’Gouna, on cultive les roses de Damas, introduites au Xe siècle, pour les distiller et les transformer en produits de beauté. Mais il est encore trop tôt pour voir leurs pétales rosir les rives de l’oued. À moins de revenir fin avril, début mai…

Pratique

Y aller. Errachidia depuis Orly, un vol par semaine (les vendredis) jusqu’au 28 mars (733 kg eqCO l’A/R).

Y déjeuner. El Manzeh à Rissani pour sa pizza berbère ; à l’hôtel Saghro à Tinghir.

Y dîner et y dormir. Au Palais du désert à Erfoud ; à l’hôtel Xaluca à Dades ; à la Kasbah Itran à Kelaat M’Gouna (vallée des Roses).

2025-02-09T08:58:01Z